Le conte de Djamila

Djamila aimait les histoires d’amour.

 

Le joueur de flûte était son élu.

Il lui consacra sa première note.

 

En laissant les croyants sans leurs pas,

Djamila s’éleva tel un temple interdit.

La lumière apparût et aveugla les croyants.

Djamila était la Vénus des temps anciens.

 

Soudain le livre s’ouvrit dans une folie meutrière.

La foi des hommes.

Djamila se réfugia dans l’Amour laissant les croyants sans voix cette fois !

 

« Il était une fois

Une interprétation d’autrefois.

Ma foi ! Se disait-elle ».

 

Le joueur de flûte se dressa à son tour contre les croyants et leur interprétation !

Il aimait l’Amour lui aussi.

 

Les causeuses se joignirent à Djamila.

– « Ne pas nier ! Ne pas nier ! » Criaient-elles.

 

Par le passé, les causeuses et Djamila avaient proclamé une série de bondieuseries fatwanesques, ce qui amusait le joueur de flûte mais avait fortement irrité les croyants.

Djamila et les causeuses lirent à nouveau le livre.

Les croyants mentaient.

Ils étaient ignorants.

 

Une union parfaite naquit entre Djamila et le joueur de flûte. Hélas un exil s’annonçait. Les croyants étaient furieux ! Le joueur de flûte composa un air sur le poème Croyance d’Ibn Arabi ce qui déclencha leur colère.

 

Djamila et les causeuses ne craignaient pas les croyants ignorants.

Elles étaient instruites.

Elles s’amusaient de ces leçons de liberté venues d’ailleurs.

 

N’étaient-elles pas en mesure de définir elles-mêmes ce qu’est la Liberté, la Vérité, l’Amour ?

Protestantes qu’elles étaient !

 

Elles pensaient à toutes ces histoires.

Elles se souvenaient de ces tracasseries gauloises !

– « Les civilisations s’interpénètrent entre elles, s’imitent inconsciemment, personne n’est unique ! »

– « C’est ça qui fait mal ! » rétorquait Djamila.

 

– « Et toutes ces guerres ? »

« La terre.

Taire la guerre.

Terre ?

Altère-moi.

Non !

Lui !

Toi !

Dégage ! »

 

Djamila et le joueur de flûte s’aimaient d’un amour intense.

Leur exil attrista les causeuses.

Le joueur de flûte n’était ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.

Une enfance volée l’avait mesuré très tôt au monde.

Il était comme un homme différent, fasciné par Djamila.

Il ne la regardait pas comme un besoin mais comme un sentiment.

 

De ces villes lointaines, me voilà ! S’affichait sur l’écran.

Les causeuses s’accordèrent un silence car le joueur de flûte allait reprendre sa note.

 

Djamila était la note divine.

Akka Kamal

  

Les mots en caractères gras correspondent aux peintures

Système audio pour « Les bondieuseries fatwanesques »

About akkablog

Akka est peintre et poète
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4 Responses to Le conte de Djamila

  1. Voilà un sens et un mode de pensée, correspondant à notre propre réalité ( artistique, cela va de soi !).

    Bravo et encore merci.

    Vincent perraud ( vincperr)

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